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À la rencontre de la Caisse alimentaire de la Vallée de la Drôme

Le 4 juillet, la Caisse alimentaire de la Vallée de la Drôme nous a invité·es à son Assemblée des mangeur·ses, une journée festive qui célébrait sa première année de réflexion et de mobilisation autour de l’alimentation.

Une expérimentation encore jeune

Le projet existe depuis 2023 au travers d’une première exploration sur le territoire, mais il prend vraiment forme en 2024 grâce à la validation d’un appel à projet de la fondation Carasso et à l’appui du programme européen Leader. Ces deux soutiens viennent concrétiser le lancement de la caisse et sa construction par plusieurs associations du territoire porteuses du projet (Aequitaz, Agribiodrôme, le réseau CIVAM de la Drôme, le centre social de Livron, l’épicerie de Beaufort, l’AMAP Radisel et le Val d’Emploi), qui vont démarrer un vrai travail de mobilisation des citoyens à travers des événements, des ateliers et de premières formes d’expérimentation sur trois villes du territoire, Livron, Montoison et Beaufort-sur-Gervanne.

Début 2026, la décision est prise. Suite aux retours de nombreux habitants, la caisse peut et doit se lancer, un parcours d’engagement est alors mis en place, avec justement l’idée de profiter de cet événement du 4 juillet pour recruter les membres du nouveau comité citoyen. L’objectif est de débuter les discussions en septembre, pour un lancement de la caisse d’ici la fin de l’année.

Un point de vigilance revient souvent dans les échanges avec les associations. Comment réussir à transmettre le projet aux habitant·es ? Avec un portage aussi structuré, le risque existe que les citoyen·nes se sentent dépossédé·es de ce qui est pourtant censé être le leur. C’est une question qui traverse toute la journée, et qui explique en grande partie la manière dont elle a été pensée.

Une journée festive

Plutôt qu’une longue présentation frontale, le groupe a choisi de faire vivre le projet par l’expérience, avec plusieurs stands se répartissant sur le site, en déambulation toute l’après-midi.

  • Un accueil pour présenter les différents stands au public et expliquer le principe de la sécurité sociale de l’alimentation
  • Un marché de producteurs à prix différenciés, allant de moins 20 % à plus 10 % selon les moyens de chacun·e
  • Une carte du territoire, sur laquelle chacun·e pouvait dessiner et proposer les lieux à conventionner
  • Une frise dessinée retraçant l’historique du projet dans la vallée, que les habitant·es complétaient avec des détails de leur propre vécu
  • Des plateaux de jeu de rôle autour de la sécurité sociale de l’alimentation
  • Un stand de présentation des différents parcours d’engagement au comité citoyen, avec possibilité de s’inscrire sur place
  • Une bibliothèque rassemblant des ouvrages de référence sur les sujets de l’alimentation, l’agriculture, la justice sociale et la transition agroécologique

Des animations rythmaient aussi la journée, notamment de la cuisine et de la musique.

Table ronde et plateau

En fin de journée s’est lancé, un plateau d’échange animé avec l’appui d’un chercheur autour de la question de la justice alimentaire. Le format était volontairement ouvert, et chacun·e pouvait venir s’installer à son tour, écouter, poser ses questions et partager ses retours.

Cette discussion a en quelque sorte préparé le terrain, elle posait les grandes questions, celles du droit à l’alimentation et des inégalités d’accès. La table ronde qui a suivi, et pour laquelle nous étions venu·es, est allée chercher les réponses du côté des pratiques, en abordant plus directement la raison de cette journée, la SSA et sa construction.

Nous y avons pris la parole aux côtés de deux autres caisses inspirées de la sécurité sociale de l’alimentation. Retransmise sur Radio Méga, devant un public curieux, elle nous a permis pendant plus d’une heure de partager le vécu de chacune des caisses, et surtout l’expérience concrète d’un groupe du comité citoyen. Des échanges riches qui transforment les réflexions théoriques en application du quotidien et en vécus de groupes.

Ces retours sont importants pour la caisse de la Vallée de la Drôme qui réfléchit à comment se constituer, notamment en raison de sa situation de territoire rural étendu, où il faut compter près de 40 minutes pour aller d’un bout à l’autre. Difficile, dans ces conditions, de réunir tout le monde au même endroit chaque mois. La caisse réfléchit donc à adapter le fonctionnement de son comité citoyen en le découpant en trois petites entités, constituées selon l’implantation géographique, dont chacune délibère de son côté, puis les trois groupes se retrouvent tous les trois mois pour échanger et mettre leurs décisions en accord. Un tel fonctionnement demande une base d’animation commune et solide dès le lancement, c’est pour cela que les retours des autres caisses sont aussi précieux.

Buffet et départ

La journée s’est terminée autour d’un buffet préparé sur place. Un moment convivial, qui a laissé toute la place aux discussions informelles avec les différentes structures et les citoyen·nes encore présent·es, puis le départ et le retour à Grenoble.

Merci à toute l’équipe de la Vallée de la Drôme pour l’invitation et pour l’accueil ainsi qu’a toutes les personnes croisées ce jour-là, qui ont pris le temps de raconter, de questionner et de partager leur regard. Ce sont ces rencontres qui font avancer nos projets respectifs. On repart avec des idées plein la tête, et l’envie de continuer à faire vivre ces échanges entre caisses !

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